Les blaireaux à la montagne.



A avoir passé une semaine à faire de la couenne au soleil, on part la fleur au fusil pour expliquer l'ice climbing aux p'tits suisses. Passé le col de Maloja, on se retrouve d'un coup en plein mois de Février. Forcément sur une caisse immatriculée 84, les pneus neige sont inutiles. Bilan : les blaireaus posés net en sortis de virage, derriére ça bouchonne, ça s'énerve et moi je suis planté au milieu de la route à immortalisé l'instant.
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Ice climbing Festival, Pontresina.



Nous y voilà, les choses sérieuses peuvent commencer. Le réglement est simple : 60 mètres de moulinette de niveau 4 à gravir en moulinette. Les trous sont faits et marqués à la bombe, la finesse ne va pas étre de la partie. 3,2,1, GOOOOO. Le cerveau consciensieusement placé en position OFF, ça monte vite, trés vite, et rapidement trop vite pour mon coeur qui déclare forfait et demande un ralentissement général, je finis limite à l'arrét mes 60 mètres un étrange gout de sang dans la bouche. Au tour de John, la chute de son adversaire aprés 10 mètres de grimpe le met en confiance. Le fourbe repart de plus belle et enfume mon John qui lui aussi atteint la chaine complétement dans le gaz. Retour au sol, le concurrent de John vomit son p'tit déj et le diner de la veille, Ambiance.
Résulat final : 5 éme position et c'est les 4 premières équipes qui vont en final, LES BOULES.... On assiste donc au reste en bon spectateur. La voie est prolongée d'une bonne dizaine de mètres, l'ascension se fait toujours en moul'.

1er :  l'équipe local en 6'18 ( temps additionnés des 2 grimpeurs!!!!!)
2éme : les autrichiens Leitfried / Bendler en 6'52
3éme : les Suisses Muller  / Koller ( vainqueur de la précédente édition) en 7'21.
4éme : Les Italiens de Rabensteins en 8'17
5éme :  John Joly et Jeff Mercier
6éme : Inés papert et Petra Muller


Sûr qu'avec un pareil échauffement, on n'allait pas péter les scores.
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Faisons n'importe quoi...


L'avantage de rentrer tôt, c'est qu'on a du temps. Ces petits radars nous ont occupés un petit moment. Malheureusement, John s'est chatouillé de nous faire un vrai record à 3 chiffres...

Grande Rocheuse, Late to say I'm sorry.

Le Korra comme toujours sur-motivé, nous nous pointons avec 3/4 d'heure d'avance devant les portes fermées du téléphérique des Grands-Montets. Red Bull, patience...Une approche des plus rapides, nous pose sous la rimaye du Couturier. J'attaque à droite en montant, dommage on nous avait à droite mais comme rive droite. Un premier pont qui craque sous mes pieds et je reviens en rampant. Un deuxiéme n'est guére plus encourageant. Finalement, Corrado réussi à traverser  à l'endroit où la rimaye est la plus large dans un amas de blocs que l'on souhaite stable. Le couloir est plutôt bon, surtout quand on est en second. Les 400 métres de pente sont pour le moins inintéressants. Joueur, Corra teste ma vigilance en m'envoyant divers  mousquetons, crochet abalakoff ou bonnet pour me tenir éveillé. Rien n'y fait, je dédaigne à rattraper le moindre projectile. La goulotte sommitale permet de situer facilement l'attaque, tellement facilement que je me retrouve trop à droite plus attiré par le rocher que par un cauchemar de glace noire et lisse. Trés fiére de moi, je réussi à faire une longueur mixte de plus que prévue.

Finalement, revenu dans le bon chemin, nous voici sous la longueur d'A2. Le début en traversée la tête sous un surplomb se négocie bien grâce à de gros pieds.
Puis le choix entre un tas de glace qui ne tiendra pas un passage et une belle fissure (à droite) est vite pris. Ravitaillé en C3 et Aliens, cette petite dizaine de métres initialement cotée A2 se trouve étre un bon M6. C'est sûr, je trouverais toujours plus sympa de finir une longueur avec les bras daubés par l'effort plutôt que les cuisses cisaillées par les sangles de mon baudrier. Dry VS artif, ça pourrait faire un bon débat sur Camptocamp....


Corrado regarde d'un air content la goulotte terminale. Allez, fais toi plaisir elle est pout toi...

Mine de rien, il restait encore un joli passage de rocher avant....

Le Korra part, comme à son habitude en glace, à bloc et avec un point tout les 10 métres.
Il est 17 heures, demain j'ai piscine.
Merci Monsieur Authemann, cette voie est des plus sympa.
Pour cette ligne, 2 options :
Les vrais alpinistes se colleront 250 métres de pente supplémentaire, sortiront à la Verte, descendront le Whymper, rejoindront le refuge du Couvercle, le glacier de Leschaux, la Mer de glace pour terminer queques heures plus tard en bas des Planards(??? longues heures)
Les autres, comme nous, redescendront par la ligne de rappel équipée à 60m d'abord en rocher (corde Twin violette) puis en lunule (cordelette jaune) jusqu'en bas (2h).

Ice in the sky direct, Aiguille de Roc, Envers des Aiguilles.

Grimper au milieu des voies de l'Envers des Aiguilles est un privilége rare car peu de lignes se forment en hiver dans ce coin. Eviter de dormir au refuge du requin et de sa gardienne-qui-ne-gagne-pas-à-étre-connu est un atout supplémentaire pour privilégier ce secteur.
Même s'il faut se dépenser à pelletter pour dégager l'entrée (la neige arrive sous les fenétres du premier étage), l'ambiance plutôt froide à l'intérieur encourage à faire marcher le poéle. Ici, contrairement au requin (bis), les gardiens sont sympas, ils laissent des bûches et un peu de nourriture.
Petite précaution, avant d'allumer un feu, toujours s'assurer que la cheminée est dégagée sinon bien connaitre le mode d'emploi des détecteur de CO. Si vous ne maîtrisez ni l'un ni l'autre, alors BIENVENUE AU CLUB. 
Les 3 premiéres longueurs sont tout en placage. Progression toute en finesse, protections relatives, bon point : les relais sont sur spits.

Puis l'itinéraire emprunte un magnifique diédre pendant 4 longueurs. A partir de là, la progression devient un peu plus mixte et surtout se protége confortablement.
Dans le rocher, tout de suite, ça fait plus le malin. Les 3 courtes sections séches se révèlent fort plaisantes à grimper.
Junior ne voulant pas lacher 1 métre de sa longueur, il nous jette un relais pile en dessous d'une section plutôt technique. Un bien mauvais moment pour les 2 seconds, pour se faire pardonner le coupable est désigné d'office pour faire bouclier durant tout le passage...

Un des passage majeur de la voie. La longueur précédente (pas de photo) se fait dans un laminoir tellement resserré qu'il faut tirer le sac entre les jambes.

Un bien beau geste qui démontre une fois de plus le petit apport du dry-tooling en alpinisme...
Derniére longueur, Philippe grimpe en finesse pour ne pas tester l'accroche de ce bouchon de neige. Du coup, il se colle un passage bien athlétique dans l'évidente fissure du dessus. Les seconds s'emploieront évidemment à gacher le travail du leader en lui décrochant de grands coup de pied pour le plaisir de le voir s'atomiser  un peu plus bas (je parle ici du bouchon, évidemment)...

SAGAGNASS SOUND SYSTEM ou comment reprendre le dry-tooling en fin de saison.

Les oreilles décongelées, je peux enfin m'enfermé dehors... La conjonction des astres Froid, vidéo énervante et Free taxi ,associée à une photo d'e-phone suffisament trouble nous convainc : C'est sûr les conditions sont excellentes... Aprés plusieurs tentatives d'approches aussi inefficaces que boueuses, nous finissons par apercevoir les stat' laissées par l'ouveur. L'indication du panneau est pourtant claire : GOUFFRE. Un pré ensolleillé permet de s'équiper tranquille et les cordes en place nous méne rapidement à l'attaque. Nous avons la chance que le pilier de la premiére longueur se soit effondré pour nous permettre un échauffement plus efficace. Des trous naturels sympathiquement placés dans un bon gros dévers, un réta accrobatique puis une coulée de glace compose ce M6. Redescente à la case départ et Kora attaque à son tour en téte. Aprés deux fois L1 dans les bras, je suis à point chaud pour La fameuse longueur. La comparaison de l'état de fatigue du Guesquier avec le parcours d'un 8b n'est pas là pour me rassurer. Je me motive en me disant que le gaillard avale ce type de difficulté à froid, une main dans le dos, même le matin au réveil d'une soirée arrosée. Accompagné de mes 17 dégaines, j'attaque une premiére colonne de glace et me voilà au pied du mur, pas de maçon mais une rampe plate dans un surplomb qui donne direct le théme. La majorité des trous est forée mais toujours trés difficiles à trouver, quelque rares traits de cake permettent d'enchainer 2 mouv' sans passer 5 minutes pendus sur les pioches...Aprés une bonne heure de lutte, je pose un pied sur le rideau de glace. REPOS. Vu de prés, la quantité et la qualité du support habituellement salvateur (la glace, quoi) peut se résumer à faible et improbable. En mulant comme un sourd, je gagne l'antépénultième spit. Sans glace, pas d'autre moyen que le bon vieux tire-clou jusqu'au point suivant. Dégouté mais quand même bien content d'en finir, je profite des quelques métres de glace qui me reste. Rappel et retour à R1 pour retrouver mon frozen Kora.
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L'attente au relais n'a pas été des mieux pour lui, mais avec un bon repérage ça fera pour la saison prochaine. Il se venge en parcourant la derniére longueur de glace avec une rapidité et une facilité impressionante.

Renseignements utiles :
- L'idéal est de mater la voie depuis le village de Pallon. Se garer au mieux dans le village, puis à gauche direction "presbytére", tirer droit, passer devant le cimétiére, continuer jusqu'au bout du plateau, en s'avançant prudemment on aperçoit la voie en rive droite. Il parait qu'il existe un accés par cette rive. Il faut alors tirer à gauche, vers le bas. Jusqu'a trouver un emplacement de rappel, puis en traversant on arrive au pied. L'accés par la rive droite en traversant Pallon, puis à gauche aprés le pont, suivre la route jusqu'à une route carrossable à gauche, panneau "gouffre". 5 minutes de descente méne au pré dominant la voie, pour trouver le premier rappel, il faut avoir trés bien repérer depuis en face. Un premier court rappel méne au "grand saut". Une soixante dix devrait mener au pied.

Pour la voie, corde de 50 m / 17 dégaines / 4 broches.
L'emploi de Leash sur les piolets dépend de la valeur que vous accordez à vos armes favorites.

Résumé stoïque : L1, M6 / WI4 ; L2, M10/11 / WI ? ; L3, Wi 4+.
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Y z'ont pas chomés, les Suisses...


Des environs d'Interlaken, de Kandersteg, ils en ont équipés partout, pire que nos écossais...
La saison des cascades est à peine terminée et déjà les projets pour la saison prochaine s'accumulaient. Et bien voilà quelques lignes qui devraient nous permettre encore quelques beaux séjours en Oberland.
2011 ne sera donc pas encore l'hiver du ski pour moi.


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