La derniére longueur vraiment raide me parait évidente vue du relais. J'attaque tranquille, les verrous sont bons entre des blocs tenus par la glace. Je nettoie doucement mais un bloc plus vicieux que les autres vient s'exploser sur la pomette de Yann. Il pousse des cris bizarres. Concentré sur le reste du parcours, je lui accorde une compassion toute relative. Une traversée à droite dans une belle fissure horizontale me pose sur une marche en plein vide. Je cale un 0.75, la suite à l'air corsée et manque sérieusement de pied. Aprés 2 essais timorés, le combat est lancé et le retour improbable. Les bras se ferment, les pieds patinent...un 000 posé à l'arrach et ça repart. Enfin un petit pied gauche pour souffler. Décontraction. 2 secondes plus tard, le bloc qui est censé retenir ma lame se barre et je me retrouve 5 métres plus bas à hurler comme un putois. C'est cool, je suis pas seul à hurler, Yann partage mon désarroi. En fait pas du tout, le bloc fétide est venu s'éclater sur son pied. D'un naturel discret, il déteste étre la cible de toute les attentions ( et surtout des miennes aujourd'hui). Encore 1 métre et ça se détend mais c'est un peu expo pour moi qui déteste parcourir plus 2 métres sans un point béton. Korra me motive et je fais relais un peu plus haut. La longueur suivante est plus facile et ces 60 métres gagnés rapidement font bien plaisir. La longueur d'aprés semble plus sérieuse, fatigué, je cherche à esquiver par la gauche en m'échappant par un plaquage qui débouche sur une dalle lisse....Désescalade prudente...qui se termine de façon rapide quand mes 2 engins se passent le mot pour s'éjecter simultanément. 4 métres plus bas, mes crabes se vissent dans la neige et m'arréte net. Ce coup-ci, c'est moi qui couinne, ma derniére entorse date de 3 mois en arriére et ma cheville s'en souvent encore. Passé 5 minutes à me plaindre sur mon sort et je repars, un laminoire raide, une fissure gavée de neige à nettoyer et un bouchon de neige à faire péter me permette de passer en revue un certain nombre d'insultes diverses et variées. Finalement, on arrive sur l'épaule qui donne accés aux vires qui aménent au couloir Nord. Yann a sa pommette de plus en plus douloureuse et décide de se faire évacuer. Nous le suiverons dans l'hélicoptére.
Topo des longueurs parcourues + emplacement dz sous l'onglet "TOPO"
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