Ouverture "Universal Studio", M8/650m, Rognon du Plan, 3601m.

Versione italiana seguendo , grazie Marco Romelli
« Ne pas se contenter de mettre les pieds dans les traces creusées par l'effort des pionniers. Être digne de l'héritage. » M. Gaston Rébuffat.
C'est un privilège rare que de pouvoir encore trouver des lignes vierges dans ce magnifique DisneyLand qu'est le massif du Mont-Blanc. Si certaines fois, Disneyland est pris dans le sens d' usine à sensation accessible à tous...ceux qui peuvent payer, personnellement je préfère le voir comme un lieu où l'imaginaire y est sans fin. Peut être ne sommes nous qu'une petite poignée à suivre ce que disait l'ami Walt "Garde tes rêves au plus profond de toi, et un jour ils se réaliseront". A l'inverse des premiers à qui il faut tout, tout de suite, nous autres cultivons la patience. Patience d'être enfin capable d'y aller techniquement, patience d'étre capable d'y aller moralement, patience que la Montagne offre des conditions de réalisation car Il faudrait être fou pour aller contre la volonté de celle qui nous tolère!!!!  Avec bonheur, au gré des saisons, je vois les paralpinistes, wingsuiters, slakeliners et riders s'approprier à leur tour ces magnifiques espaces pour y réaliser ce qu'un jour ils ont seulement à peine oser imaginer. 
Longtemps, j'ai cherché la raison qui m'attirait chaque Printemps vers ce versant des Aiguilles de Chamonix. Samedi dernier, lors de ma énième "Contamine" en face sud de l'aiguille du midi, j'assurais distraitement mon ami Simon  alors que mon regard était encore aimanté par le coté Ouest du Plan. D'un coup, une vieille photo me revint en tête. Une photo en noir et blanc, austère, probablement signée Tairraz qui était accrochée chez mes grands-parents. Sans savoir où c'était, sans même savoir réellement qu'un jour je ferais de l'alpinisme ma passion, je passais des heures à observer cette image dont les lignes de verticalité m’impressionnait tant ! Une fois de plus, je me rends compte de la belle influence qu'ils ont eu sur le moi que je suis devenu.
La petite graine d'ou tout est parti. De retour d'une séance de pan à l'EMHM en fin de journée d'automne, les dièdres supérieurs apparaissent comme des évidences.
Pour "imaginer" ce genre de ligne, il faut 2 choses.
 - Ne pas être focus uniquement sur les sommets médiatiques, nos anciens n'étaient ni aveugles, ni cul de jatte ! Il faut prendre le temps de regarder chaque face dans le détail, lui prouver notre intérêt car il faudra de l'assiduité pour que l'itinéraire se construise d'une façon qui corresponde à la logique de son créateur. 
- S'user la rétine à chercher ces lignes qui ne se laisse entrevoir que par celui qui les cherche. Savoir interpréter les ombres portées par les variations d'éclairage et les traits éphémères laissés par l'enneigement propre à chaque saison.

Puis s'y mettre, il faut cesser de discourir et (enfin) passer à l'action.







L'attaque se situe juste à droite de L1 de « Fin Givré », ressaut glacé évident.
L1, 55m, M4 : court passage mixte puis couloir puis rampe à droite sur 10m à 80°
L2, 40m, M6+ : poursuivre par un plaquage mixte. Contourner le petit toit par la gauche (délicat). Finir par 10 m de glace pas raide.

L3, 55m, M5 : dièdre sur 15m. Au niveau du repos partir à droite pour rejoindre des dalles fissurée puis pente de neige.

L4 : Poursuivre à corde tendu en longeant d'abord la dalle compacte en main gauche jusqu' à une goulotte cachée qui oblique à gauche. Continuer dans la grande pente de neige, remonter « Sylcris » sur 30m jusqu'à apercevoir un laminoir à 30m du sol.

L5, 50m, M7+ : Commencer des plaquages raides et expo sur 20m jusqu'à atteindre un petit laminoire, 15m. A sa sortie tirer à droite en mixte sur 15m.

L6, 50m, M7 : pousuivre droit dessus jusqu'à une petite vire puis dièdre jusqu'à une énorme écaille décollé en forme de « nageoire de requin » dixit Simon.

L7, 40m, M7 : Contourner la nageoire par la droite puis suivre l'écaille en revenant à gauche. A son extrémité, on est alors quasiment à la vertical du relais, remonter une fine fissure, 8 m, très raide mais bons coincements de lame, piton sur le haut. Arrivé à la fin des difficultés, traverser à l'horizontale à gauche, fissure horizontale. Repérer une micro-fissure horizontale (3m) qui méne à gauche. On fait relaie au départ de cette fine fissure. Il est probablement possible de faire différemment peut étre à gauche depuis le relais...
L8, 40m, M6 puis C1 (artif facile sur camalot ou 6a+ dans ce cas il sera prudent d'avoir 2 et 3 en triple) : traverser la fine fissure puis rejoindre au mieux le sommet de la fissure.
On voit bien la fine fissure horizontale qui permet la traversée!
L9, 50m, M7 : suivre un dièdre incliné vers la droite (soutenu, pas de pied) puis langue de glace puis diédre encore soutenu. Relais au fond de l'arche sur n°4.
L10, 35 m, M6 : traverser à gauche sur 5m puis droit au-dessus (gérer le tirage), remonter un goulet qui rejoint la pente de neige que l'on traverse horizontalement jusqu'à rejoindre la base du grand diédre final (ci-dessous).

L11, 35m, M6+ physique : diédre.
L12, 40m, M8 : diédre soutenu sur la fin. Relais sur une bonne marche.
L13, 55m, M6 : Droit au dessus dans des blocs moussus puis neige jusqu'à l'aréte terminal de « Midi-Plan », 1h30 / 2h jusqu'à l'Aiguille du Midi.

Probablement la plus soutenue des voies du secteurs.
C'est raide, non ?
Info horaire : approche : 2h, attaque à 6h00, Pied du bastion (L5)  à 9h00. Sommet à 18h00,

Matos : 1 attache de 55m, 1 jeu complet 000 à 4, doubler du 0,1 au 2, 1 broche.

Petite aparté sur le nom, il est dû au fait qu'au départ et à l'arrivé de la course, nous nous sommes trouvé en plein tournage de 2 films à long métrage différents !




Aiguilles de Chamonix, Gruppo del Monte Bianco (Haute-Savoie, Francia)
Rognon du Plan 3601 m – parete ovest
Universal Studio
Jeff Mercier, Simon Chatelan, 5 maggio 2016
650 m. M8

Materiale: singola corda da 55 m, serie completa di friend (dalla misura 000 alla 4 BD, doppie dalla 0,1 alla 2) 1 chiodo da ghiaccio.

Accesso: da Chamonix prendere la funivia dell’Aiguille du Midi e scendere alla stazione intermedia del Plan de l’Aiguille. Raggiungere il Glacier des Pélerins e risalirne la morena destra or. fino alla fine. Lungo il ghiacciaio superare la base del Peigne e dell’Aiguille des Pélerins puntando alle ripide pendici della parete ovest del Rognon du Plan. È possibile trovare una traccia che si dirige agli attacchi di Fil à Plomb e della Goulotte du Col du Plan. Lasciarla a destra e salire all'attacco di Fin Givré. La nuova via parte appena a destra.

Descrizione:
L1: corto passaggio su misto, canale, poi rampa a destra (80° su 10 m). M4, 55 m;
L2: proseguire su un plaquage misto. Aggirare a sinistra un piccolo tetto (delicato) e uscire su 10 m di ghiaccio poco ripido. M6+, 40 m;
L3: seguire un diedro di 15 m quindi, a livello del primo punto di riposo, andare a destra per raggiungere delle placche fessurate e il successivo pendio nevoso. M5, 55 m;
L4: continuare in conserva, aggirando a sinistra una placca compatta, fino a trovare una goulotte obliqua da sinistra a destra che conduce in un grande pendio nevoso. Risalirlo e incrociare la via Sylchris. Seguirla per 30 m fino ad individuare un laminoir a 30 m da terra.
L5: alzarsi per dei plaquages ripidi ed esposti fino a raggiungere il laminoir. Superatolo andare a destra, su misto, altri 15 m. M7+, 50 m;
L6: continuare dritti fino a una piccola cengia, quindi scalare un diedro e raggiungere una enorme scaglia staccata a forma di pinna di squalo. M7, 50 m;
L7: aggirare a destra la pinna, quindi seguire la scaglia tornando a sinistra. Alla sua estremità ci si trova quasi sulla verticale della sosta precedente. Affrontare una fessura fine di 8 m, molto ripida, che offre dei buoni incastri di lame (chiodo in alto). Alla fine delle difficoltà traversare a sinistra seguendo una fessura orizzontale. Individuare la successiva, sottile fessura sempre orizzontale che parte verso sinistra. Fare sosta all'inizio di questa fessura. M7, 40 m;
L8: traversare a sinistra grazie alla fessurina, M6 e artificiale facile su friend, oppure 6a+ (meglio avere triple misure BD 2 e 3), 40 m;
L9: seguire un diedro inclinato a destra (sostenuto), poi una lingua di ghiaccio, poi di nuovo un diedro sostenuto. Sostare su friend grosso (BD 4). M7, 40 m;
L10: traversare 5 m a sinistra, quindi salire dritti (attenzione agli attriti) e prendere un canalino che esce su un pendio nevoso. Attraversare il pendio orizzontalmente fino alla base del grande diedro finale. M6, 35 m;
L11: diedro, M6+ atletico, 35 m;
L12: diedro, sostenuto alla fine, sosta su buon gradino. M8, 40 m;
L13: dritti per blocchi, quindi neve fino a uscire sulla cresta Midi-Plan. M6, 55 m.

Discesa: lungo l’itinerario classico della cresta Midi-Plan (AD) fino alla funivia dell’Aiguille du Midi (prevedere dei tratti in salita).


10 voies mixtes pour aller plus loin.

Avec les jours qui rallongent et les approches à ski en condition, c'est le bon moment pour sortir les piolets en haute-montagne !!! Si vous avez déjà parcouru les classiques "Pellissier" aux Lachenal, "Allemands" au Triangle du Tacul, "Vent du Dragon" à l'Aiguille et réalisé l'attaque directe du "Super couloir", ce top 10 est pour vous. J'ai cherché à proposer des voies qui se font avec des approches plutot cool et sans trimballer le lourd matos de bivouac.
Elles nécessite généralement 2 jeux de Camalots et une corde de 60m. Les (rares) pitons ont été laissé en place.
La tendance mixte rocheuse y est clairement marquée mais ce genre de ligne vous donnera les bases supplémentaires avant d'aller taquiner des itinéraires de plus grandes ampleur comme par exemple la voie des frères Lesueur au Dru ou le pilier Goussault dans la grand face Nord.
Cette liste pourrait apparaitre comme l'étape suivante aux 10 routes to climb in Chamonix in winter proposés par Jack Geldard.

1- Pointes LACHENAL :
Modeste hommage à celui qui fut un des plus grands alpinistes Français (toujours mieux que le rond-point dédié à son compagnon de cordée), les pointes Lachenal sont l'un des premiers pas pour celui qui aborde l'alpinisme. En traversée, c'est une des plus facile. En version "été", l'éperon "Maryléne" est un vrai must pour l'initiation à la recherche d'itinéraire et la pose de coinceurs. A une époque préhistorique, Manu Pellissier avait sû repérer une jolie et courte goulotte offrant 1 ou 2 pas de mixte. A noter aussi que le parcours en condition hivernal de la cecchinel-Jager, situé juste à droite, est une magnifique ligne. Il manquait donc à ce secteur des lignes plus modernes pour la saison hivernal.  Les 3 lignes proposées ici viennent donc combler ce vide sidéral ! Approche courte et relativement sûre même s'il faudra se méfier des crevasses toujours bien présente une fois passée le col. Le redescente, en contournant les pointes, est rapide (30min) et aisée.

 Possible que ces lignes ne soient pas des ouvertures, le but de ce topo est juste de donner une idée d'itinéraire, de matos et de difficulté.
Ligne rouge : Voie Tentation, Bracey / Bullock, M5 . 
Ligne bleu : Tentation Direct, Jamet / Pesce, M6
Ligne Jaune : Voie 2009, Doizeau / Mercier, M5
Ligne de gauche : Voie 2010,  Lucéna / Mercier, M8.

Matos : 1 jeu de camalot du 000 au 3 et doubler du .4 au 2 + 1 jeu de stopper + 2/3 lames et corniéres.

Pas de relais, ni de point en place. Le rocher se préte facilement à la pose des friends
Redescente : suivre la crête pour contourner la barre, 1/2 heure.

2- Tour Ronde :
Jolie petite voie qui peut aisément se poursuivre jusqu'au sommet de la Tour Ronde, elle offre alors une voie bien complète dans un niveau abordable.


Les 2 dernières longueurs valent vraiment le coup ! Parfaite voie à faire à la journée tant que la Vallée Blanche est praticable.
Difficulté : 85° / M7, environ 350m
Matos : 1 set de cam du 000 au 2
Rappel équipés à 60m. 


3- Contrefort de l'arête des Cosmiques (ou FN aiguille du midi pour ceux qui voudrait se la péter !!)
Une fois de plus, se sont des Beefs qui nous donne un petit peu de nouveauté. Pourtant la ligne n'était pas franchement caché et nombre de renards locaux sont passés des dizaines de fois au-dessus de la jolie dernière longueur. Merci donc à Mark Thomas et Dave Almond pour cette petite ligne bien sympathique de 4 longueurs. Nous y avons rajouté, par erreur mais avec grand plaisir, une attaque plus directe .

 Le parcours vert est plutôt homogène avec 4 longueurs tournant dans le M6+, la longueur médiane est M3/60° . Protections corrects.
Corde à 60 et double rack du 000 au 0.75 +1/2/3 en simple
"Jottnar direct",vue de l'attaque.



4-Face Est du Tacul
"Scotch on the Rock"/ M7, et "Vol de nuit"/M8. Ces 2 voies ont une première longueur commune, 50m de mixte raide des plus dément, 2/3 pitons en place, relais à droite sur une terrasse confortable. "Scotch" part à gauche (photo), "Vol de nuit" remonte, droit au dessus du relais, une fissure bien large et garni de glace. Photo prise du relais commun.
"Scotch" attaque directement dans le vif du sujet, court crux (M7) d'environ 5 mètres manquant de pieds gauche !!! Bonne protections sur friends et qqs pitons en place. La suite de la longueur est plus classique (M4/5) mais demande toujours un peu d'attention. Pour gagner du temps et si on a un double jeu, relais à environ 50m sinon relais en place après 20m. Suivent 2 longueurs mixte du même acabit. On arrive alors à la dernière, la plus rigolote avec une fissure/laminoire large où l'on progresse en renfougne et coincement d'épaule (5+/M5). Bon gros relais puis rappel dans la voie.
"Vol de nuit" attaque droit au-dessus du relais commun par une fissure bien large garnie de glace. On progresse ainsi toujours avec un piolet dans la glace et l'autre dans le caillou, raide en quelques endroits mais toujours bien protégé (un N°4 peut rassurer mais non obligatoire). relais en place. La difficulté tombe mais les 2 longueurs suivantes permettent de meubler la fin de journée (M4 en ascendance à droite, puis tout droit glace et mixte qui fini par une petite souriciére. Relais peu après puis champs de neige, traverser au plus évident à gauche, relais sur le fil. fin de la voie, on rappelle ensuite dans "Scotch" à partir de l'avant dernier relais

Afficher l'image d'origine
5- Triangle du Tacul :

"E-Logik" n'est pas une ligne évidente mais cherche à emprunter les lignes de fissures et de dièdres les plus complexes de cette facette.  de seulement 150m, elle propose un cheminement de 7 (petites) longueurs. Après avis des répétiteurs, l'avant-dernière longueur serait un peu sous coté, ils confirment par contre l’extrême facilité de la pose des protections. Certains relais sur pitons ont été laissés en place ainsi que 2 pitons dans les longueurs. 3 rappels équipés sur pitons permettent une descente facile et rapide.

6-Pointe Adophe Rey, versant nord.



Comme d'habitude, l'inspiration de la ligne vient d'un Vallot des années 70, le descriptif parle d'artif 2ème degré, de dièdres, de coins de bois et de pitonnage, plus curieux est l'évocation  d'un "lancer de corde" sur un bec rocheux. On ne l'a pas trouvé mais au final une voie bien classe avec un final des plus physiques !

7- Rive Gauche du glacier d'argentiére.
Difficile de faire une sélection sans parler de ce magnifique secteur. Ne pas se laisser tromper par la faible hauteur et la gentille cotation. Vous trouverez sur la page facebook dédiée, toute les infos utiles.

Après 3 passages dans cette voie, je confirme que c'est vraiment La Base de la falaise.
Toute les (courtes) longueurs sont exigeantes. Avec un peu de recul et l'avis de Korra, on a remonté les cotations d'un poil
 La première longueur est quand même un peu expo avec une première section, la fissure diagonale, bien physique. M6. 1 piton au relais
L2 est une des plus belles de la face, 2 sections plutôt physiques. M7+. 2 pitons au relais.
L3 est typée technique avec des crochetages sur de bonnes réglettes. M6. 4 pitons dans la longueur. Rien au relais
L4 est une fois de plus physique avec en prime du rocher ultra délicat et extrêmement raide voire léger dévers. M7. relais sur arbre.

Matos : un jeu du 000 au 3 + un autre jeu du .3 au 3 + stoppers



8- Grande Rocheuse, "Ouh Yeah "
"Late to say, c'est la "grosse" coulée à gauche. "Ouh Yeah" se situe juste à sa droite : La Ligne évidente de glace fine.
Souffrant de la proximité de la classique"Late to say", cette voie est largement moins fréquentée. Elle mérite réellement le détour.  Comparée à "Late " en mauvaise condition, "Ouh Yeah" est largement plus soutenue mais les passages de mixte sont moins difficiles. 

Matos :
2x60m (surtout pour les rappels), 1 jeu du 000 au 3 avec 0.4 à 2 en double. 2 broches. Pitons, stoppers et Hexcentique inutiles. N'oubliez pas la frontale et le matos pour abalakoff.
Topo succint :
L1 et L2 : 80°/M4
L3 : M6+/90°
L4 : 5+/90°en même temps!
L5 : M6/70°
L6 : 80°/M5 ou 4+

lien photos ici

9- Petit Dru, couloir Nord Direct.
Au niveau de l'intersection, entre le couloir classique, et le direct.
En hiver 2007, Philippe Batoux me proposait ce beau challenge. A l'époque, les rares répétiteurs sortaient par une fissure en artif située cotée gauche de ce magnifique grand dièdre. La possibilité d'une retraite facile par rappel dans la voie, en fait une voie souvent parcourue. L'approche est à prendre en compte car elle demande pas mal de précautions (crevasses, couloir raide à descendre, traversée sous les séracs du Nant Blanc), de même rejoindre la Mer de Glace peut être délicat en fin de saison. Pas de photos de cette ascension car j'ai eu la lumineuse idée de tester la résistance de l'appareil de Philippe depuis le sommet du diédre final. Une vidéo d'un jeune débutant à voir ici.


10- Aig. du Plan, versant W.

Un bon vieux "Guide Vallot" détaille ainsi l'ascension : Le grand dièdre terminal présente de très grosses difficultés. Il est peu ensoleillé et les premiers ascensionnistes l'ont trouvé complètement verglacé. Le topo évoque aussi nombres de passages athlétiques, pénibles, d'A3 et de protection sur micro-pitons.  Récit à lire ici.









Face Sud de l'Aiguille d’Argentière (3901m), ouverture "Efareb", 1200m / 6b+ max

Monter au refuge d'Argentière, c'est toujours la certitude de passer un bon moment. La gentillesse et l'attention des gardiens Béa et Fred semblent sans limite. Quand, en plus, on est accompagné d'un super pote, Vincent "Truite" Fournier, et que l'on s’apprête à ouvrir une voie dans un rocher exceptionnel, l'expression "nager en plein bonheur" prend tout son sens. Cette année, l'ambiance estivale est accentuée par une plaisante canicule. Même si Chamonix est le plus bel endroit du monde, il faut admettre que la période chaude y est généralement très courte! Pouvoir grimper à la chaleur du soleil est un plaisir à savourer. Plutôt que de pester contre les fortes chaleurs qui ramollissent la neige, profitons du rocher qui emmagasine le chaud ; l'an dernier on se caillait sous des trombes des d'eaux !

Argentière est en passe de devenir le futur spot de la destination estival pour celui qui veut faire du beau rocher. Enfin une solution de délestage aux secteurs surbookés de l'Envers ! Un topo des voies rocheuses est en cous d'élaboration, des tractations sont lancées pour une ouverture plus tôt en saison du téléphérique (début Juin?), un relais GSM ne devrait pas à tarder à couvrir le secteur et la Free Wifi sera (est ?) disponible au refuge.
L'an dernier, Fabien Dugit et moi avions ouvert la grande tour dominant la Tour Jaune. Même si cette face est d'une hauteur modeste, les possibilités offertes et l'ambiance qui y régnait m'ont fortement donné l'envie d'y revenir. La Tour Jaune est constituée d'un des plus beaux cailloux du massif, on y trouve des taffoni et des fissures comme nul part ailleurs. Le dièdre suspendu entre La voie Ravanel-Bellin de 1968 et "Élévation 2014" est trop évident pour ne pas y aller, quant à la partie haute, 2 lignes sont envisageables.
Le réveil est suffisamment tôt pour que je me permette de tenter une attaque (débile) dans le couloir en Y sans risquer d'avoir des pierres qui me sifflent aux oreilles. Après 20 mètres et 2 onglées dûes aux chutes d'eaux incessantes, l'idée géniale de passer ailleurs me traverse (enfin) l'esprit. 50 petits mètres à gauche se trouve un petit couloir rocheux facile, bien au sec et à l'abri des pierres, tellement évident que je me demande si je ne devrais pas me remettre à porter des lunettes ! Environ 200m de terrain facile conduisent au pied du mur jaune, le hasard nous mène sur la vire de bivouac des anciens. Nous trouvons, soigneusement emballé, tout un stock de coins de bois de différentes tailles et quelques pitons rouillés. Nous embarquons les 2 plus petits pour mettre au refuge avant d'attaquer ce beau morceau.

 Afin de partager au mieux le gâteau, nous grimperons en réversible.  La taille des fissures étant bien souvent identique, le stock de protection s'épuise vite et nous oblige à  tirer des petites longueurs. Mais la journée est annoncée belle, pas la peine de courir à tout prix.
La Tour Jaune
 Après 7 longueurs, nous croisons  la voie des anciens et la suivons sur 2 longueurs jusqu'à l’arête.
L3 : 6b

L5 : 6b+

L6 : 6b+

L9 : 6a+
 Une bonne pause, Truite part devant jusqu'au pied du bastion terminal. Le rocher change un peu et nécessite plus de précaution, une ligne de fissure-feuillet conduit de façon évidente. Au final, cette voie est plutôt homogène et le niveau des longueurs (6b+ max) pourrait lui permettre d'accéder au titre de classique du secteur, d'autant que peu d'itinéraire de grimpe, à part "Pirate", permettent d'accéder au sommet de l'Aiguille d'Argentière.
L’arête rocheuse entre les 2 bastions

Truiton à l'assaut du dernier ressaut, 5


Avant dernière longueur en 6a

Antépénultième longueur : 6a

L'alternance des passages, terrain facile/grimpe/arête rocheuse/grimpe/arête mixte puis la descente par le glacier du Milieu, en fait un itinéraire très complet d'autant que passer l’arête entre les 2 bastions une retraite sera plus compliquée.

Fait anecdotique, notre 1ère arrive pile 151 ans après celle de la cordée Croz-Whymper sur ce sommet.
Matos : corde de 50 , 1 set de friends du 000 à .4 / 2 sets .5 à 2 / 1 n°3



Face Ouest de l'Aiguille du Plan (3673m), ouverture, 700m, M5/95°/6b/A1

Pas facile de redémarrer après le post précédent. Je l'assume à 200% mais les vives remarques qu'il m'a attiré ont été difficile à digérer et m'ont coupé l'envie de me reconnecter. Qui a raison, qui a tort ?Je critique ceux qui veulent transformer la montagne en stade mais de mon coté, je m'en "sers" pour me mettre en avant dès que l'occasion se présente. C'est finalement aussi peu glorieux...
Si ces propos ont tourné en boucle dans mon esprit, mes yeux n'en sont pas moins restés tournés vers ce magnifique là-haut. La quête de la 101 éme course reste mon Graal  (101éme dans le sens de l'inconnu à découvrir plus que dans la difficulté à surenchérir)
1 : Bonington-Flores 66 / 2 : Dugit-Mercier '15 / 3 : Gabarrou-Picard Deyme 75 / 4: Voie Fontaine 1898 rectifiée  / 5:Tavernier-Profit-Radigues 85

Le début du Printemps, c'est la période idéale pour ce beau secteur qu'est la face ouest du Plan, la chaleur fait fondre la neige accumulée les mois précédents. Ces conditions demandent une grande attention car passé la date de péremption, les pierres se mettent à pleuvoir, les couloirs d’accès sont alors aussi dangereux que l'église de Charleston la nuit du 17 Juin dernier.

Pour avoir évoquée cette ligne avec Fabien Dugit quelques mois auparavant, c'est naturellement que je lui propose l'autre bout de la corde. Le projet initial est la Brown-Patey de 63, décrite dans le Vallot d'époque comme "le plus bel itinéraire du versant et une des plus belles voies des Aiguilles de Chamonix". Mon idée est de l'emprunter dans le bastion supérieur, le topo évoquant un dièdre évident de 120m en 5+. Pour y arriver, le couloir et ses 2 ressauts mixtes me semblent plus en rapport avec les conditions de la montagne. La ligne ainsi envisagée permet surtout une attaque nocturne garante d'une relative sécurité. Plus rapides en descente de bières qu'en montée de sentier, la durée de sommeil se chiffre finalement plus en minutes qu'en heures. La montée au Plan est toujours aussi peu funkie mais l'enceinte assume sa mission et l'électro s'avère une fois de plus le meilleur des boosters ! Encore un petit effort et nous voilà avec le jour à la rimaye. De loin, le ressaut raide qui marque l'attaque est marqué d'un beau trait blanc, on va se régaler. J'attaque mais bizarrement les engins traversent un peu trop facilement le blanc revêtement. Progressant  en évitant de trop reculer, je me retrouve finalement devant un passage bien trop raide et bien trop peu protégeable. Je désescalade une bonne dizaine de mètres et en forçant un peu trouve un passage bien moins exposé quelques mètres à droite. Encore une demi longueur à faire attention et on atteint le couloir. Petit coup d'accélérateur et nous voilà au pied d'un cirque large à sa base d'une bonne 100aine de mètre. Plusieurs possibilités possibles s'offrent à nous : des dalles fissurées à droite, un grand dièdre au centre et un ressaut en glace à gauche. Si j'avais réussi à déterminer un itinéraire dans le 2éme bastion, le premier n'offrait pas de passage évident vu de loin. Du coup, pour tomber au plus proche de la ligne imaginée à l'étage du dessus, on supprime la solution droite. Restera à trancher un peu plus haut pour la suite du programme. "Repousser au lendemain blablabla" étant une de mes morales favorites, on progresse sereinement de 3 longueurs.

Du pied, le dièdre, un peu trop large à mon gout ne m'excite plus du tout. Avec une seule possibilité, la résolution du problème s'avère plus simple à traiter. De toute façon à partir de là, la descente serait trop dangereuse, le soleil tape déjà sur le sommet de la face. La coulée de glace qui s'est formée au fond d'un diédre est magnifique à grimper : Physique et fragile, l'édifice sur lequel nous progressons met le piment que j'attends de ce genre d'ascension.

 Après cette longueur géniale, succède une fissure tellement large et profonde que  le grimpeur finit par disparaître à l'intérieur, dément !!!!!! Une longueur facile et le deuxième bastion nous domine, beaucoup plus court il est aussi extrêmement raide.  Une belle longueur de mixte et la face nous fait encore cadeau d'une longueur de glace, trop bien. Je me régale de ce passage avant de passer, bien content, le relais au savoyard mais néanmoins talentueux Dugit. L'avantage avec un gars qui court dans le 8éme supérieur, c'est qu'il ne va pas être embêter longtemps par les 200m de fissures qui nous dominent. Le mur est rayé de plusieurs fissures-diédres et la ligne Brown-Patey est bien 100 mètres plus à droite, pourquoi s’embêter à traverser dans de la neige molle et fondante quand on peut attaquer directement une tour rocheuse aussi tentante ? Bonus non négligeable, en attaquant au centre de la face, la hauteur à grimper sera largement plus haute que les 120 prévus !!! Fabtor a l'embarras du choix pour ouvrir à son tour. Pressantant un adversaire de taille,  l'aiguille du Plan  entre en résistance et s'organise rapidement en nous bouchant de terre, de neige et de glace la ligne évidente. Mais le Fabien est rusé, efficace, rapide et "beau gosse" mais là pour le coup, ça sert à rien vu qu'il n'y a pas foule de "girls to the top" dans le coin. Son côté joueur, qui souvent m'amuse, le pousse à me proposer un relais sous une douche glacée. Pendu comme un saucisson, me voilà condamné à subir en râlant mais comme la fin se précise, l'humidité ambiante n'est finalement pas si dérangeante. Un dernier coup de collier dans du mixte facile, un petit temps pour souffler en regardant passer un Dragon, l'hélico de la Sécurité Civile, rempli de copains (qui eux partent travailler à proximité) et la belle arête neigeuse qui mène au sommet du Plan est atteinte.
La classe, c'est pas tous les jours qu'on inscrit son nom entre Bonington, Brown, Patey, Gabarrou et Profit. Tout pile 17 heures d'effort ! Il nous en faudra encore 3 avant de savourer le délicieux dîner que Laurence nous a gardé spécialement au chaud.
Merci Mère Nature pour cette belle journée qui ira se caser dans la boîte à souvenirs des bons moments du passé!
Matos : Corde de 60m / Friends : 000 à 3 + 1 jeu de .4 à 2 / Broches : 2
Pas de relais / pas de point en place

Light, fast et sans cervelle


C'est une nouvelle catégorie dans le monde de l'alpinisme, facilement repérable grâce à leurs tenues tirées à quatre épingles, le sac de 30 litres sur le dos, la Suunto au poignet, les petites chaussures de randonnée à 300 gr et les skis à 800 euros, les formules 1 de la montagne en jette un maximum dans les files d'attente des téléphériques. Des images de Killian et d'Ueli plein les yeux, ils ne sont pas là pour plaisanter, d'ailleurs n'ont ils pas parcouru la Grande Face Nord à la journée, en moins de 9 heures 28 minutes 45 secondes et 30 centièmes !!! Par grand beau temps, sans vent, quand il n'y a qu'à suivre la tranchée laissée par la foule, l'illusion est parfaite : le light'n fast, c'est de la bombe, en plus j'ai eu 35 likes sur mon Facebook, demain c'est sûr je serais sponso'. Mais la montagne est exigeante ; si elle sait laisser sa chance une fois, tous les coups ne seront pas gagnants. Pour tenter d'étre à la hauteur, il faut de l'expérience et un cerveau. Bourriner comme un âne de skieur-alpiniste qui remonte une piste servira mais un peu plus tard, bien plus tard.  Il faut voir plus loin que le bout de son nez, ces gars sont des pros, sur-entrainés, largement surdoués par rapport à la moyenne et qui surtout ont des années d'expérience derrière eux.
Curieusement, attentifs aux moindres grammes superflus, les fils spirituelles de la pratique Hispano-Helvétique ont toujours un portable dans le revers de leur veste high tech, très utile pour les selfies et .... les appels au secours.
Des crevasses, ou çà ?
Comment j'explique à mes gamins qu'il ne faut pas sauter les crevasses aprés ?

Entre idoles qui (semblent) flirter avec la mort et événement commercial à l'affiche aguichante, le quidam de la montagne a forcément du mal à savoir ce qu'on fait la-haut ! Un stade de sprint avec crampons aux pieds, un parc de free-style ou un terrain de performance pour skieurs de rando. Dernier né des évènements exploitant le nom Mont-Blanc et surfant sur la vague du ski-alpinisme. Voilà  La-Trace-du-Mont-Blanc , cautionnée par les hautes instances de la Vallée et qui plus est éco-responsable, ce genre d’événement ne fait que tirer l'image du massif du Mont-Blanc vers le bas...mais vu le bénèf' de l'UTMB pourquoi laisser échapper une telle manne financière, un focus média en plus. Il est vrai que je me suis enflammé car les 22500 euros de bénéfice potentiel (300 concurrents à 75euros ici) ne paieront que les services de pro embauchés pour l'épreuve plus d'info. Mais chacun sait que la réussite de ce genre d'évènement se mesure dans l'impact média plus que dans la rentabilité immédiate.  
Welcome in Chamoney land ! Cette année une course pour voir, dans 10 ans combien? La brèche Puiseux à l'envers, le réactor à la montée, Midi Plan en aller retour sans déchausser, l'inscription de cette course au calendrier international, l'été un trail place de l'église-top de la Bosse? Comment les organisateurs de ce genre de merde ne peuvent ils pas anticiper les risques pris par les concurrents lors des repérage et des entraînements. Pour bourriner à 3600m, il faut s’entraîner à 3600 et pas sur la Pierre à Ric. Dans ces secteurs forcément potentiellement crevassés, qui va vérifier que les gars évoluent en sécurité ? 
Imposer un matos minimum c'est bien, mais combien savent réellement faire une mariner double in situ? Combien on mis en oeuvre un mouflage efficace avec un brin de 8mm? Un corps morts avec des skis light, ça résiste à combien ? Les concurrents vont-ils effectuer une recherche DVA avant le départ, s'ils dépassent le temps max, ils sont éliminer ? Même bien encordé, tu te vois passer ne serait-ce qu'une heure au fond d'une crevasse avec ton collant jaune, mec? Le passage des séracs, qui va le sécuriser et même en interdisant les pauses dans cette section, on ne supprime pas le problème! Ne met-on en pas en danger la vie des compétiteurs en les engageants dans un tel passage?
 La surfréquentation du Mont-Blanc semblait préoccuper bon nombre de personnes il y a encore 6 mois, alors quand aujourd'hui des institutions prestigieuses de la vallée montent ce genre de manifestation, s'il vous plait Messieurs-dame, dites moi ce qui vous motive ?  La beauté du paysage ? l'effort sportif ? Dites nous les ambitions de cette course à terme !
Je défie n'importe qui d'enrayer une chute en crevasse dans cette configuration
Mais je m'égare dans l'inintéressant...Posté à la croisée des chemins des alpinistes et de leurs anges gardiens, ma position tend vers un déséquilibre certain. Je m'explique : Alpiniste depuis quasiment un quart de siècle, je ne peux que comprendre la détresse de mes congénères. Secouriste, habitué des situations de crise, le nombre d'alertes dû à un manque de compétence m'énerve au plus haut point. Ces dernières semaines ont cumulé des événements qui poussent à l’interrogation.

   - Un alpiniste secouru, incapable de poursuivre son ascension suite à la casse d'un crampon dans la face Nord des Courtes.

   - Une cordée qui grimpe sans se soucier de l'horaire, prise par  la nuit, perd la seule frontale, incapable de descendre doit attendre la venue des secouristes le lendemain matin. Bonus : doudoune et boisson étaient restée dans le sac...à la rimaye.

   - Une cordée bloquée qui invente un faux bilan médical pour justifier la venue nocturne de l'hélicoptère.

   - J'occulte évidemment tous le public "Vallée Blanche" qui pense être sur les pistes balisées du Brévent et dont la survie sur cet itinéraire glaciaire est uniquement dû au facteur chance. Imaginez : certains pensent trouver des pisteurs ou du balisage le long de l'itinéraire. L'un dit être à proximité d'un restaurant en parlant du refuge du Requin. L'autre demande une moto-neige pour le récupérer, le troisième conseille à son ami de déchausser ses skis en plein passage des séracs, d’après lui se sera plus simple et bien sur qu'il est en sécurité, il a ses crampons aux pieds!!!!

Force est de constater que la population qui parcourt les montagnes se divise en 3 catégories : Les Alpinistes, les prudents qui peuvent se payer le service d'un guide et les amateurs en sursis. Pour moi, un alpiniste est bien plus qu'un simple sportif car avant d'agir, il lui faudra approcher et ensuite revenir. C'est dans ces 2 actes que le vrai alpinistes fera la différence. Choix de l'itinéraire en tenant compte de l'exposition aux séracs, des crevasses du risque nivologique, longueur d'encordement adaptée, technique maîtrisée en cas de soucis (mouflage...), construction rapide de relais. Renoncement? Késako ? Un précepte sermonné dans l'ancien temps par des alpinistes couards? Les belles journées de cet fin Mars en Vallée Blanche semblent vérifiés que le renoncement en cas de cordé déjà présente dans une goulotte est caduque. La ruée des bœufs Mac-Intyriens aux Jorasses de cet automne l'aurait validé. La norme actuelle serait environ à 5 ou 6 cordées pour les voies inférieures à 300m, rajouté 2 cordées pour 100 mètres supplémentaires. Désormais, il faut prendre l'affluence comme un gage de sécurité !
Malheureusement, tels une roulette russe égalitaire, la montagne frappe, en nombre, chacune des 3 catégories de façon quasiment identique. Si l'on est au pro-rata, plus t'es blaireau plus t'as de chance...Déprimant !

En tant qu'alpiniste, je me demande sincèrement ce que font tous ces amateurs de 3éme catégorie en montagne. Le L'nF me fait gerber à un point que je me refuse les skis light et les lowtech et je n'arrive pas à m'engager dans une voie sans tout un surplus de matos souvent sans utilité pour l'usage premier (crochet décrocheur, crochet abalakoff, pitons, frontal...).

Concernant nos délinquants ( = personne ayant commis unn délit ;-) ), mon cœur balance, je sais que quand on est pris par la nuit, avec le poids la fatigue et de la journée augmenté du stress dû à l'environnement, on peut avoir des propos exagérés. Ainsi, dans le langage commun "avoir les doigts gelés" ne signifie pas qu'on fait le remake de Stephane Benoist à l'Annapurna. Malheureusement pour eux, l'infraction, "fausse divulgation de renseignement afin d'engager des secours", est retenue, cataloguée délit (= possible garde à vue), elle est répréhensible de 2 ans d’emprisonnement assortit de 30 000 euros d'amende. Le juge du tribunal de Bonneville tranchera à la mi-juin.

 J'ai toujours détesté les sanctions, mais arrive un moment où il faut savoir taper du poing sur la table et dire : "STOP les gars, arrêtez, vous faites de la merde, c'est votre propre intégrité que vous mettez en péril". Il n'en faut pas plus pour que certains se mettent en tête que les secouristes vont se cacher derrière cette excuse pour ne plus effectuer leurs missions Croire que l'on a peur de partir en secours reviendrait à dire qu'un skieur de descente ne veut plus se présenter au portillon d'une grande course. Il serait faux de penser que parce que c'est notre métier, on ne connait ni doute ni angoisse car du fait du lieux, couloir du Gouter (chutes de pierres) ou glacier,  l'issue d'un secours n'est jamais certaine. Alors si on rajoute des conditions délicates ( "haute altitude", nuit , vent, nébulosité...), c'est comme servir une tequila frappée à Guillermo Fayed avant qu'il ne prenne le départ de la Streif.
Trop récemment, nous recevons un appel suite à la chute d'un alpiniste. Départ rapide en hélico avec un autre secouriste et le médecin urgentiste. Le foehn forci en s'approchant. Pour faciliter ses manœuvres, le pilote s’allège d'une personne. L'approche continue, la victime est repérée mais les instabilités dues aux rafales oblige le pilote a s'alléger encore, le médecin et un maximum d'affaire sont sortis du cargo. Le lieu de l'accident est un glacier, aussi je présente au pilote, ce que j'estime être une zone "à peu prés sûre" pour évoluer sans assurance. Le dialogue pilote/secouriste est bref, l'analyse des 2 parties doit être précise car une fois la manip lancée, le retour en arrière sera compliqué. Comme souvent la maîtrise exceptionnelle de l'équipage permet la dépose avec une facilité déconcertante...en apparence uniquement ! Pendant que l'approche se termine, le mécano entame ma descente. Le point de dépose convenue est situé derrière une crête, l'aérologie est extrêmement turbulente. Le vent change sans arrêt de direction, le pilote lutte un long moment pour trouver le placement idéal. Il lui faudra pas moins de 4 présentations pour réussir la dépose. Durant ces instants incertains, chacun rogne ses marges pour mener à bien la mission, aussi le bilan est cruel quand l'annonce tombe : "victime décédée".


Trilogie à Kandesteg, "Hard Pitches Only"

Un aperçu du parcours
Il y a 2 ans, celui qui pour moi est le véritable leader du dry-tooling, Robert Jasper, enchaînait une ligne complètement hallucinante dans la fameuse grotte de la falaise de Breitwangflue. La vidéo montrait notamment une deuxième longueur qui traversait un véritable toit , ce qui me motiva au plus au point. Un article paru sur "Rock and Ice" qualifiait la ligne de "Scarefest" rapportant les propos de RJ sur le rocher fragile et l'équipement incertain, ce qui me terrorisa au plus haut point. A la fin de l'hiver suivant, je me trouvais à mon tour au pied du mur. Comme dit l'expression "c'est au pied du mur qu'on voit le maçon", j'avoue que cela aurait été fort à propos car des le premier mètre,  la qualité de la structure aurait eu bien besoin d'un renfort de béton. Forcément, le couplage de 2 pitons planté dans cet ersatz de rocher qui faisait office de première protection pris d'entré le podium dans la catégorie "......". Le deuxième mouvement me confirma la non qualité du rocher quand j'arrachais un joli bloc. Le bénéfice de cela portant sur le couplage qui pour une raison inconnu ne s'arracha pas. Fort de cette expérience, je continuait en artif oubliant rapidement la tentative "à-vue". Je dûs revoir mon jugement sur la solidité des protections quand les 2 points du couplage suivant s'éjectére, Un camalot moins branlant  me donna tout le loisir de réfléchir au crux. La fin de cette première longueur tout en glace me mit rapidement au pied du monstre. Encore moins rassuré que quand j'étais pas rassuré, je pars doucement mais toujours en artif, la notion d'escalade ayant complètement disparu de mon cerveau liquide. 3 heures plus tard, je chopais enfin les cordes moisis qui symbolisaient dans un premier temps la fin de la longueur et dans un deuxième le relais sur lequel je devais me pendre. Terrorisé, j'avais rajouté tellement de protections dans tous les sens que la corde qui me reliait à octave était totalement coincé, il fut obligé de remonter au jumar ! La 3éme longueur négociée mi en libre mi en artif fut vite torché.  Ce désastre Napoléonien me coupa toute velléité d’enchaînement et sûr de ma décision, je jurais de ne plus jamais au grand jamais y remettre les piolets. De retour dans la vallée, je cherchais la première free Wifi pour regarder encore et encore Robert le magnifique dans mon pire cauchemar. Probablement politicien dans ma vie précédente, j'oublias rapidement ma ferme résolution et prenais une option complètement opposé. Grimper "Ritter et le Holly Graal" et l’enchaîner à 2 autres monuments de mon Roberto d'amour : "Mach 3", 150m, M9/90° et "Flying Circus", 100m, M10/90°.

Ze Place

Une partie du matos...
Pour étre sûr de m'en rappeler, j'élaborais un plan à 3 niveaux.
- Sur muter en dry.
- Trouver un partenaire fort et fort motivé...et fort disponible.
- changer de femme, non je rigole, c'est juste pour savoir si ma charmante épouse lit mon blog ou qu'elle le "like" sur  Facebook pour me faire plaisir.
Ju attaque M3 par "tears of..."
Finalement cette automne fût au-delà de mes espérance, j'ai été un peu le Kwon YoungHye Français : point 1, check !
Le point 2 touche l'essence de cet enchaînement, car si jusqu'à là les grandes lignes mixtes on mis en avant le leader, le second se démerde pour suivre en artif ou au jumard. Sans me la péter, Julien Irilli ou moi avons le niveau pour enchaîner en tête l'ensemble, mais je voulais que ce soit une réussite commune, dans le même esprit que ce que j'ai fait avec Korra les années précédentes. Nous nous sommes rencontrés en grimpant sur le site de Quintal, comme souvent en grimpe, l'occasion fait le larron et nous avons continuer à nous entraîner ensemble régulièrement, sa conti mutanesque m'a rapidement fait penser qu'il avait un potentiel pour mon projet. Son mental en acier trempé dans la face nord des Jorasses fut aussi un bon point. Un petit trip de quelques jours me confirma qu'on allait faire cordée commune sur les hauteurs de Kandersteg. Nos seuls divergences étant d'ordre culinaires, j'ai toujours détesté le riz mais comme plat unique et aux 3 repas quotidien...Ce détail mis à part, le projet pouvait étre lancé. En résumé, 2 ou 3 jours de repérages, 2/3 jours de repos, 2 jours de mises en place du matos, 1 jour de repos, 1 jour pour faire. Le tout majoré au gré des anticyclones...
Ju, L3 de FC
Je posais 2 semaines en Janvier, mais les conditions sont trés moyennes. L3 de Ritter est pauvre en glace, L3 de Flying est une cascade d'eau et L2 de Mach3 trop fine pour être grimpable. Malgré tout nous grimpons les 2 premières de Flying et L1 de Ritter. Dans la longueur clef, je suis plus à l'aise sauf que 2 mètres restent irrésolus. Dépités, nous rentrons en France. Le projet est mis aux oubliettes greques, bref je suis au plus bas ! Un rebondissement météorologique va nous ramener là plus vite que prévu. En effet, nous avons programmé 17 jours de glace en Norvége...Aprés 3 jours sur place avec des températures positives et des prévisions météo négatives, nous rentrons le lundi suivant. A 20h, je me pose à Genève... pour repartir le lendemain matin à 6h vers le MilkaLand. Les conditions se sont nettement améliorés et la météo est complètement favorable, d'un coup la motiv' remonte à bloc ! En 2 jours, nous parcourons Mach 3, Ritter et les 2 premières longueurs de Flying. Je profite de l'occas' pour trouver la méthode du passage du toit, et enchaîne dés l'essai suivant. J'empoche donc la 3éme ascension de cette longueur, après Ze Robert et Inés Paspeurderien. Comme souvent, c'est la première sans Yaniro, au vue du profil, je remonte la cotation à D13.
La longueur dur de Ritter
 Julien n'étant pas fonctionnaire, il doit retourner vendre quelques bi-places pour payer son riz de la semaine suivante. Rendez-vous est pris 3 jours plus tard. Fin énervés, nous partons pour équiper intégralement Ritter et Flying dans la journée. J'attaque par FC, pour me rétablir au dessus d'un petit surplomb, je dois contourner un gentil glaçon. Au passage, je l'effleure du bout du genou. Si le glaçon ne mesure que 2 cm de diamètre à la hauteur de mon genou, il en fait bien 60cm 10 mètres plus haut !!! Le tout se détache sans prévenir,me broie la cuisse pendant quelques secondes durant lesquelles je suis pendu à une main sur mon piolet. Julien se trouve par chance décalé de 1 mètre du point d'impact, nos affaires, elles, ont été emporté par la masse de glace. Je reste 10 bonnes minutes à chouiner sur mon sort et reprend la grimpe. Cet avertissement ne me détends pas car Julien en avait déja décroché un lors de la session précédente, je dois donc grimper sur le dernier de la bande en espérant qu'il ne lui prenne pas l'envie de rejoindre ses potes dans le pierrier ! Finalement, cette journée se terminera à merveille, Ju enchaînant la longueur clef de Ritter en posant les paires! Une longue journée de repos et enfin le lendemain la libération sonne à 4h00. Au fond de moi, je sais que l'on a les capacités de réussir mais dans ce type de grimpe où les prises ne mesurent que quelques millimètres, une zipette ou une ancrage qui casse sont fortement probables. Pour valider notre enchaînement, nous voulons le leader grimpe sans tomber. S'il tombe, il devra repartir du relais.
Un peu avant 7 heures, j'attaque à la frontale M3. A partir de là et pendant les heures qui vont suivre, tout déroulera à merveille. A chaque retour au sol, nous prenons même le temps de boire des thés et de manger des gâteaux ! Sans stress et sans pression, nous finissons à 16h. Une journée de rêve !

Parking : 5.00
Pied face : 6.20
Attaque Mach3, par la voie "Princess..." : 6.45
Descente en rappel de 55m, aprés la longueur de dry sur abalakoff.
Re pied : vers 10h
Attaque Ritter : vers 10.15
Descente en rappel de 25 m, aprés la 3éme longueur de dry sur abalakoff.
Re Re pied : vers 13h
Attaque FC : vers 13.30
Descente en rappel depuis R3.
Re re re pied et fin à 16h00
Merci Robert pour ces belles voies

                                                                   P'tite vidéo