De visu, les conditions ne semblent pas pire, le bas est correct, puis la pente de neige. La première moitié de la première longueur du dièdre est total dry mais la section dure est assez courte, 5/6 mètres, le reste du dièdre est d'un blanc polystyrène, la suite ne se voit pas mais devrait faire.
Accompagnés de 2 bons potes, la journée s'annonce forcément bonne. Yann Gérome nous fait une trace à client qui nous convient tellement bien qu' à chaque fois qu'il s’arrête pour passer le relais...on s’arrête aussi 2 conversions plus bas. Voyant nos fronts dégoulinants, il finira la montée seul devant. Dans son élan, il prend la tête jusqu'au pied du dièdre.
| Premiers mètres. |
Toujours prêt à rendre service, je propose de faire les 100 mètres suivants. Probablement à cause de mon Alzeimer, je n'avais aucun souvenir du dry de départ. Les micro-pieds d'une dalle trop lisse me font bien forcer, un petit effort supplémentaire et une neige dure et compact conduit au relais.
![]() |
| Les quelques mètres bien corsés du dièdre. |
| Corner, part 2 |
Le reste sera nettement moins raide mais chaque longueur propose sa section à problème...pour notre plus grand plaisir...
Tels le futur guide de dans 4 mois, La Truite nous emmène rapidement jusqu'à la connexion avec la "Carrington / Rousse / Rebuffat /Terray".
Vidéo By Yann Gérome
![]() |
| Quand je vois ça, je trouve la montagne tellement injuste ! |
Protégé par un éperon, nous choisissons de redescendre plutôt que de nous exposer inutilement. Malgré le fait que mes 2 compagnons de cordé n'aient jamais gravi cette voie, la décision d'abandonner est prise à l'unanimité. Merci les copains, j'adore les gens qui réfléchissent avec leurs têtes plutôt qu'avec leurs piolets et leur fierté.
Nous discutons de ce genre d'attitude quand le téléphone sonne...une mauvaise nouvelle qui nous assomme...un copain du Pg vient de se tuer en montagne. Je pense à son petit garçon de 5 ans, à sa femme, à ses parents. Égoïstement, je pense aux miens.
Et puis toujours la même question qui revient en boucle : "comment peut on continuer à aller en montagne avec la banane quand on a, tant de fois, vu la peine de ceux qui reste ? Pourquoi, inlassablement, jouer avec le feu ?
Et puis, toujours ces beaux jours qui reviennent, ces faces magnifiques qui font briller les yeux, ces itinéraires à faire absolument (!), ces conditions à ne pas rater (!!)
Aujourd'hui, plus qu'un autre, le nom de cette voie prend tout son sens : Au delà du bien et du mal...les hommes continueront, sans cesse, à Vivre et mourir en montagne. Salut Olivier.







