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ICE 2012, "Rappelle toi que tu es un homme" et "Juste une illusion"

Il y a des choses que l'on ne peut nier, des faits toujours vérifiés : " la Glace, ça se passe dans le 05, un point c'est tout !". Alors que sur Chamonix, même étant de mauvaise foi, il n'y a rien de franchement excitant à tenter, il suffit d'un coup d'oeil sur le site d'Icefall pour réveiller sa motiv' de glaçadeur.
Certe, je commence par une incursion "pur dry" avec la team glace FFCAM. Le contest organisé dans le vallon du Fournel est particulièrement réussi. Un cadre "neige et glace", 13 voies totalement nouvelles, une 30aine de concurrents, il faut se battre pour rentrer dans les 6 meilleurs.

 Pour une fois que je n'organise pas, je suis bien décidé à ne pas lâcher mes pioches avant d'étre définitivement ruiné. Environ 6h plus tard satisfait du résultat infligé à mes bras, je suis bien content d'étre 3éme des qualifs.



Photos from  www.gillesreboisson.fr
 Un petit tour à l'Ice salon et nous revoilà en piste pour la demi finale. Idéalement mixé avec un contest de big air, cet évènement du samedi soir est toujours une réussite. 3 éme en demi en tombant à l'avant derniére prise ( la seule en glace, la honte), je réussis à gratter une place en final derriére ten Grillot...Je réédite le scénario de la demi en  retombant à l'avant derniére prise, re-la seule en glace, re-la honte. Les 2 "coachs" de la team peuvent étre fière d'eux.


Pour me ressourcer, je reviens en Yôte une douzaine d'heure avant de retourner à l'Argentière.

...et puis c'est tout !

Pendant tous ces trajets, j'ai largement l'occasion de mater le web. Une photo retient mon attention, c'est celle d'une cascade située dans le vallon de Couleau, la fameuse "Rappelles toi...".


Il y a bien 10 ans avec un niveau pitoyable en dry, j'avais schunté la mythique first pitch, la seconde longueur en glace extrémement raide m'avait laissé un souvenir exceptionnel. Réveil à 5.30 pour profiter de la journée, nous serons les premiers à déflorer la cascade. Excellent, j'adore mettre des grands coups de pieds dans des scuds de glaces et les voir s'exploser dans un fracas assourdissant. Avant cela, il faut se coller le dry de L1, difficile à voir depuis le sol, on découvre l'itinéraire au fur et à mesure de la progression. 6 pitons fossilisés et 3 camalots rajoutés sécurisent un parcours plus montagne qu'athlétique, environ M5 mais attention, la chute est à éviter...Je ne suis pas certain de l'excellente tenue de tous les points.


 La suite est géniale, jamais dur (WI5 max) mais avec pleins de passages accrobatiques : on se régale. Pour profiter au mieux, on se fait des petites longueurs pour que le premier puisse hisser le sac et laisser au second le plaisir de grimper.







Le dernier dry est court mais un réta délicat en glace. On s'arrétera juste aprés cette longueur.
Merci M. MOULIN pour ce must glacé.



2/3 infos en bonus : Accés Chateauroux, parking à Serre busard / approche conseillée en ski de rando, compter une bonne heure / camalots du C3 : 000 au C4 : 1.

Le lendemain, on opte pour une approche plus courte, Gramusat est donc la destination idéale. Encore un choix internet, la photo à l'air pas pire.


Pourquoi ne pas tenter "Juste une illusion" ? Je l'ai déjà fait 2 fois et c'est pour moi une des plus belles lignes de la face, une des lignes avec un itinéraire vraiment individualisé. C'est sur qu'étudier un itinéraire depuis l'écran de son iphone, ça peut réserver des surprises. Aprés 20 mètres de bonne glace, la suite n'est pas évidente.


Le tube habituel ne connecte que trés peu.


La solution est d'emprunter un diédre rocheux avent de rejoindre le sommet du tube. Ca tombe bien, on a un petit jeu de stopper, il va falloir faire avec. Le passage est excellent : mixte facile mais engagé. Je fais relais sur une grosse tête de méduse en plein au-dessus du vide.


La suite est difficile à envisager, à gauche la glace est fine et cassante. Un peu au hasard, je me laisse partir à droite où la glace est bien meilleure. Je remonte une rampe englacée, un petit pas à gauche dans le rocher et je reprends pied sur un tube bien raide. On dirait que ça passe par l'intérieur ? A grand coup de pioche, je  m'amménage un passage pour les épaules. En rampant, je réussis à me glisser à l'intérieur. Re- grand coup de pioches et je sors dans de la glace sorbet.

 Relais. 50 mètres faciles mènent au pied d'un mur trés raide.

 En fait, il se parcourt facilement en partant en écharpe à droite. Relais dans une énorme grotte. Les rideaux n'inspire par trop Jon, moi non plus d'ailleurs. Je crois que la perspective de grimper des structures décollées ne m'excite plus vraiment! Il trouve un passage dément en partant du bord gauche, il remonte un placage puis une vire de glace en plein ciel.





Arrivé sous le tube caractéristique de la voie, il fait relais au mieux. Je monte au pied du tube. Ici, la glace est bizarre, elle est complétement décollée du rocher.

Brrrrrrr!!!!!!
Avec cet énorme tube au dessus de la tête, je suis franchement pas rassuré. Désescalade, tentative à droite : aprés 20 mètres ça passe mais ça à l'air nase. Retour au Jon. On redescend ? Encore un coup d'oeil au-dessus, ça me saoule vraiment de buter, peut étre que ça passe à gauche ? Je remonte, rien à gauche, le tube ne me motive définitivement pas, à droite une petite coulée de glace à l'air bien plaquée, malheureusement elle se termine par un rideau improbable. Pour voir, je monte. C'est plus raide que prévu et l'oblique me rejette les pieds dans le rocher. Je nettoie doucement, le Jon est juste 15 mètres en dessous. Malheureusement un gros morceau de glace se détache tout seul et se prend d'affection pour mon assureur. Un grand cri me signifie son mécontentement. Peniblement, il se décale de 2 mètres.

Y a pas que Jon qu'à ramassé...
Désormais, il m'interdit de faire tomber le moindre petit glaçon. Je suis plutot mal posé. En équilibre sur une petit marche, j'étudie l'inconfortabilité de ma situation. La glace est formée de petits tubes...à tel point que je lache les piolets pour les prendre à la main. A bout de bras, je plante un piolet dans un petit rideau.



On est à là dans ces instants rares qu'offre la glace dure. Le doute est installé, les options restreintes et l'issue binaire. Le risque est toujours pris en compte, reste à savoir ou on met la barre de son acceptation. 5 mètres plus loin, j'ai rejoins le tube, 2 abalakoff et je plie, ça suffit pour moi.

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