Ouray Ice Festival

Malgré un point de vue relativement arrêté sur ma non-participation à des compet' où l'on gâche plus de temps en isolement qu'en temps de grimpe, j'avoue adorer participer à ce genre d'évènement. Ici, je suis resté 6 jours sur place et j'ai grimpé...6 jours.


 Du dry au soleil, de la belle glace et du mixte improbable, tout ça à 5 minutes d'un hôtel aux petits déjeuner monstrueux. J'adore !!!!!!



 Le J1 est l'occasion de rendre visite au spot de dry local, ici comme au pays des marmottes emballeuses de chocolat, on est pas fan des trous forés. Faute de trous de 14, on se contente de belle fissures malheureusement placées derrière des blocs instables...bilan : 2 beaux spécimens d'écailles arraché.
Une belle brochette de finauds, chacun avec son trophée !
 Passées ces formalités, les voies phares sont rapidement torchées vite fait (=> à vue ou flash), bien fait (=> french style). Moralité, si tu fais pas du dry à l'Usine, fais pas de dry!

 Les 3 jours suivants se partagent entre piolets, fajitas-Hamburger et Hot Tube.

 Le compet Day arrive, en même temps qu'une vague de froid plutôt froide. Comble de chance, mon fumier de sparing partner me tire le dossard 2 soit un passage à 9.15 qui ne me réjouit pas du tout. A la différence de Météo France, les prévisions américaines ont une précision suisse et la température est effectivement inférieure à -20° quand je commence à tenter de m'échauffer. Qu'importe, depuis la veille je suis remonté à 200%...c'est sûr, je vais me battre pour attraper ce relais.
Détendez vous, ça va bien se passer

Le début déroule bien, il faut dire qu'on a eu 30 minutes pour le travailler du coup ça se passe plutôt vite. Trois moov en glace et on chope le bas d'un tronc fâcheusement tournicotant.

 Une technique développée au fin fond des forets canadiennes et testée par des générations de bûcherons permet de le remonter sans trop de problème. La suite est plus surprenante, après 2 prises rapportées, 4 piolets pendouillent suivi de 2 plaques "à frapper".


 La fin est validée après avoir clipper la chaîne et fait toucher entre elles, 2 balles de tennis coulissants le long d'une corde.

 Le comité d'éthique des grimpeurs par procuration du forum de Camptocamp trouvera certainement cela dégradant pour l'image d'une discipline associée à l'alpinisme, nous les idiots de dry tooleurs ça nous fait bien rigoler, l'important (comme d'habitude) c'est qu'on finisse explosé.

 Le contrat est remplie à une exception prêt, Simon Duverney, celui ci marche tranquillement et, comme prévue, me laisse les miettes mais néanmoins la seconde place.
Fatigué, moi ?
 La fin de journée nous permet d'enchaîner un M9 totalement naturel aux mouvements aléatoires et physiques.

Le dîner pris comme d'habitude vers 17.30 nous laisse le temps de boire 2/3 bières et d'improver un peu  plus notre anglais défaillant.
Le dimanche, l'organisation commet l'erreur de me confier une "clinic" sur le thème du dry. Curieusement le Yaniro n'est pas au programme, mes élèves très studieux ont assisté à la compétition de la veille alors forcément je dois leurs expliquer l'oubli de ce fondamentaux non fondamental. Sincèrement, je ne crois pas que ma justification philosophique en Franglais ait été bien comprise....l'après-midi est consacrée à un parcours chronométré, toujours prêt à enfoncer les gens que j'apprécie (technique que je travaille sans relâche au quotidien), je profite de l'occasion pour qu'aucun nom américain ne soit au palmarès 2013. En grand seigneur, Simon m'a fait la gentillesse d'abuser de divers boissons alcoolisées la veille pour me laisser une petite chance. Mais bon, à part pour le CIO et l'UIAA, la vitesse s'est pas la difficulté!
Nous, les gars du DTS, on est plutôt extravertis et surtout en bon Français, on apprécie l'art culinaire.
Comme le disait un chamoniard célèbre : "moi avec XXX, on s'engueule jamais, on se parle pas!"