Norvège, acte 1 : Lofoten

Enchanté par le voyage de 2011 dans le "Sud" du pays, je traîne depuis une furieuse envie de revenir. Le nom de Lofoten m'a toujours fait rêver... En  réfléchissant 10 secondes, je ne sais vraiment d'ailleurs pas pourquoi. Pas de reportage fracassant dans nos revues nationales à part peut être celui d'un hors série de FHM. Mais bon, l'engouement porté par ceux qui y sont allé suffit à me convaincre de rallonger un trip initialement dédié à des séances photos mytho pour ma marque de fringues à 3 lettres. Avec sa gueule de  Blond, Jon Joly pourrait paraître parfaitement Norvégien, enfin tant qu'il n'ouvre pas la bouche. Une longue concertation nous permet d'arriver à 20 heures d'intervalle dans 2 aéroports différents. Notre souci du détail se révèle aussi dans  la location de voiture, histoire de profiter des prix les plus élevés du marché. Qu'importe, les 5 heures de voiture nous permettent de parler de rien avec entrain. En tous cas pas de ce qu'on pourra faire, car vu qu'on a zéro topo et zéro photo, on n'est pas embarrassé par d’hypothétiques projets.
Le meeting annuel  d'alpinisme hivernal de Svolvaer palliera facilement à nos carences organisationnelles.

La réunion a plutôt un coté familial mais ce n'est que mieux pour faire la connaissance des autochtones. Monsieur Marius Olsen nous fait une présentation détaillée des possibilités.Ici, elles sont tellement importantes que personne ne cherche à se préserver un jardin secret, tout le monde partage ses projets et ses photos de potentiels voies. Cette année, tout comme en France, il y a beaucoup de neige, on cherchera donc des idées pas trop loin de la route car une de mes idées géniales a consisté à "cacher" une paire de raquette à neige à l'intention de Jon dans une consigne non fermée de l'aéroport de Genève...Curieusement, il ne les a jamais trouvé.
Sans grande connaissance des massifs et freiné par la méconnaissance de la nivologie du moment, on s'oriente vers des lignes pas forcément hyper techniques mais qui nous laisseront la marge de temps nécessaire à gérer l'inconnu.


Notre 1ére aventure : la face au dessus du "Vert Dadet" puis traversé par l’arête à droite et retour par le petit couloir le plus à droite














L'arrivée au sommet est toujours un moment de franche camaraderie partagé



Ahahahahaha,  magnifique discours d'un quarantenaire paternel mais après  une voie en 2+, mon potentiel patience est consommé. Demain, on fait un truc qui grimpe.
Le projet est à la hauteur des attentes et rapidement on se retrouve obligé d'obliquer à gauche pour accélérer et espérer sortir dans la journée.
La ligne envisagée passerait droit jusqu'en haut

Mais finalement, le dièdre au dessus me posera trop de problème pour envisager une sortie directe à la journée.


Hé Jon, lève la tête!









Pendant ce temps, 2 gars sont arrivés et se sont trempés dans l'eau !


Day 3 annonce le projet de grimper la face du Rulten et son accès sympathique en bateau.

 Départ nocturne, arrivée nocturne et magnifique levé de soleil. La lueur du jour nous permet de nous rendre compte qu'on est au pied du Rulten mais....pas sur le versant espéré. Les 4 Norvégiens qui nous accompagne partent à l'aventure. Un peu énervé, on les suit de loin mais bon public, on abandonne nos sacs pour effectuer notre part syndicale de traçage. A défaut de motivation, nos esprits créatifs occuperont le reste de cette magnifique journée de ciel bleu.










Pour une fois, j'ai pas peur de tomber
alors, j'en profite
j'en profite encore
et encore
etc, etc....

Au moins aujourd'hui ma femme ne s'est inquiétée
Et de leurs cotés, mes sponsors ont été très fiers d'avoir un type aussi compétent dans leur équipe, c'est sûr qu'avec ça mon capital crédit à sérieusement augmenté

Un balai, un ponton. Nous, un rien nous occupe.


Dés fois, je me demande si ce genre de jeu va me fatiguer un jour.
Noter, l'extension d'usage du piolet ultra technique, en effet la courbure du manche épouse parfaitement la forme du pied.


Jon est heureux, il vient de voir une mouette.
En rentrant, le soir on est doublement dégoûté...juste 20 minutes après l'endroit où on s'est arrêté  les gars sont tombés sur cette falaise.


La météo pour les jours suivants est moche dans le secteur. Changement de décors, direction le Nord et les montagne de Senja.
Mais avant de partir, on jete un oeil à la curieuse formation qui est située juste à 100 m de notre hôtel. D'un coup l'odeur étrange devient beaucoup plus simple a expliqué.