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"Voies mixtes (très) dures", états des lieux et constats.

Cet hiver  marque une belle accélération du niveau de cette pratique qui est pour moi la cerise des disciplines verticales : l'escalade mixte traditionelle. Avec 4 réalisations de haut-niveau à travers l'Europe, le panel des voies mixtes a pris un sacré coup de boost.
Albert Leichtfried ouvre le bal avec " Sans Plomb", 140m,  M10, Wi 5 dans les Dolomites.



Inés Papert trouve son " Finnmannen" en Norvège, 400m, M9+, Wi7, E8.





 Robert Jaspert enchaine "Monty python et le Holy Grail", 165m, M12, Wi5 dans le mur Suisse de Breitwangfluh


L'écossais Dave Mac Leod monte les cotes dans le Ben Nevis en tordant son " White noise"  XI/12 soit M10+/11 sur protections moyennes.

Comme à chaque stade de l'évolution, le 1er échelon est franchi après travail ou repérage ( Inés ayant planté des pitons dans la longueur la veille de l'ascension, on ne peut la qualifier de à-vue). Il reste donc aux challengers le premier parcours à-vue.

Au delà de ces considérations techniques, ce genre de voie ouvre le champs des perspectives de l'alpinisme.
Certes, les protagonistes portaient des crampons vissés sur chaussures ultra light évidemment difficilement compatible avec les contraintes de l'alpi mais l'avenir de nos "Grosses" tendra forcément vers un allègement et une diminution de l'encombrement.

A la lecture des cotations à double entrée (Glace/dry), on comprend vite que la composante dry-tooling est non négligeable et probablement la seule ayant une réelle possibilité d'incrémentation. La progression de l'escalade permettra à n'en pas de douter de repousser les limites du dry.

Concernant la glace pure, le récit d'un des récents ascensionnistes de "la Massue", Sixt  Fer à Cheval, Wi7, m'a appris que malgré nos piolets courbes et nos broches ultra rapide, le niveau technique n'avait pas bougé d'un demi caramel depuis plus de 20 ans. Et pour cause, vouloir grimper un truc plus fragile que la Massue relèverait plus de la psychiatrie que d'une réelle progression du niveau. Sacrés bande de ramiers que sont les Renault, la team Damilano/Perroux, Moulin, Ouairy, y nous z'ont rien laisser !

Cela m’amène à une constatation certes un peu bête mais le seul qui n'a pas progresser, c'est bien l'homme ! Et si on s'en tient à un cahier des charges purement alpinisme, on peut mettre en avant deux facteurs dans lesquels on aurait plutôt régresser (en comparant à l'alpinisme d’après guerre et avec en référence le Français moyen) : la rusticité et l'exposition. Concernant l'exposition, ce n'est, à mes yeux, que moindre mal.

Autre constat, pourquoi pas un français dans ce lot ? Pourtant, avec nos formations fédérales redondantes (tant mieux pour les jeunes), on devrait produire du mutant à la pelle d'autant plus maintenant qu'on a des "équipes" masculine et féminine. Je vais peut être passé pour macho, mais je ne savais que la montagne offrait des conditions et des météos spéciales filles. D'un autre coté, la majorité des fines fleurs de l'alpinisme contemporains sont issus de ces teams de fédé et leurs méfaits viennent bien souvent  alimenter mes inspirations. Merci donc aux Jamet / Ratel / Bletton / Tomasi / Guigonnet / Degoulet / Boniot / Labbre / Maynadier / Revest / Millerioux / Borgnet / Clouet / Dumarest / Batoux et mille excuses pour les oubliés.
Mais bon, je suis bien placé pour savoir que notre terrain de jeu n'est pas forcément adaptée aux mêmes genre de réalisation, Fressiniéres ou Sixt n'ayant pas forcément le rocher adéquat!!!!! Par contre, je suis persuadé qu'une ligne de cette acabit se cache quelque part dans un de nos massifs alpin. Et là, se sera encore plus la classe pour celui ou celle (je me rachète) qui le découvrira!


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